Nord-Kivu : CoPi-RDC alerte sur le risque d’interruption des activités de lutte contre Ebola dans la Zone de Santé de Oicha

Le Comité de Pilotage des Actions Humanitaires en zone de santé d’Oïcha (CoPi-RDC) appelle au maintien des activités communautaires engagées dans le cadre de la riposte contre la maladie à virus Ebola. Dans une note de plaidoyer publiée le 5 septembre 2026, l’organisation alerte sur le risque d’une rupture de financement qui pourrait affecter plusieurs interventions de prévention et de surveillance dans cette zone de santé.

Selon CoPi-RDC, la zone de santé d’Oïcha, située à proximité des territoires de Mambasa et d’Irumu en Ituri, reste exposée en raison des mouvements réguliers de populations entre les deux provinces.

Depuis le début de l’épidémie, les acteurs locaux ont notamment travaillé sur la communication sur les risques, l’engagement communautaire, la prévention et le contrôle des infections ainsi que la surveillance à base communautaire. Trois mois après le début de l’épidémie, la zone de santé d’Oïcha avait enregistré huit cas positifs, sans contamination locale rapportée.

Dans le cadre de la sensibilisation, 60 volontaires issus des organisations locales ont été formés et déployés. Entre le 26 mai et le 4 septembre 2026, ils ont directement sensibilisé 31 972 personnes, tandis que les messages diffusés par les radios locales auraient atteint plus de 270 000 personnes.

Deux émissions synchronisées sur six radios ont également permis de répondre aux préoccupations des auditeurs et de lutter contre les rumeurs liées à Ebola.

Sur le volet prévention et contrôle des infections, 45 dispositifs de lavage des mains ont été installés dans des lieux publics à Oïcha et dans une partie de Mbau, auxquels s’ajoutent cinq dispositifs de grande capacité au niveau des points de contrôle situés sur les axes de Mamove, Maleki, Mantumbi et Totolito. CoPi-RDC indique également avoir assuré le ravitaillement régulier en eau, avec une moyenne de 8 580 litres par jour.

Cependant, l’organisation affirme ne plus disposer, à court terme, des moyens nécessaires pour poursuivre le ravitaillement en eau des dispositifs de lavage des mains, le traitement de l’eau et la prise en charge des équipes chargées de la surveillance aux points de contrôle. Elle craint qu’un arrêt brutal de ces activités ne fragilise les mesures de prévention, notamment en raison des mouvements de populations entre l’Ituri et Oïcha.

CoPi-RDC demande ainsi à la coordination de la riposte, aux autorités locales et aux partenaires humanitaires de mobiliser des ressources supplémentaires afin d’assurer la continuité de ces interventions. L’organisation recommande notamment de financer le traitement et le ravitaillement en eau des dispositifs installés aux points publics et aux barrières de contrôle, de maintenir le mécanisme de surveillance et de soutenir davantage les acteurs humanitaires locaux engagés dans la riposte.

Pour CoPi-RDC, la continuité de ces activités demeure essentielle pour prévenir une éventuelle reprise de la transmission du virus dans une zone exposée aux mouvements de populations entre le Nord-Kivu et l’Ituri.

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